
La question de l’Unité du Droit m’est particulièrement chère. Il ne s’agit pas que d’une expression ou d’une vue de l’esprit. Le Droit est Un et il doit le demeurer. Néanmoins qu’entend-t-on par (et qu’entends-je en l’occurence) par cette expression ?
Il y a naturellement de nombreuses définitions et de nombreux aspects de la réalité unitaire juridique. J’en retiendrai pour l’instant deux.
Il y a d’abord une unité académique que tout enseignant et tout juriste ne doivent jamais perdre de vue : tout ce que l’on professe, tout ce que l’on étudie est et demeure avant tout du Droit : une règle basée sur la représentation du juste et de l’injuste ; une norme matérielle décidée par les représentants d’une communauté citoyenne. Quelle que soit la spécialisation, qu’il s’agisse de droit privé ou public, administratif ou pénal, civil ou international, il s’agit toujours de Droit et toute branche du droit se rattache ansi à un tronc commun juridique.
Que vous étudiiez le droit administratif ou le droit civil des biens, vous faites toujours du droit ! En ce sens suis-je opposé aux querelles de clochers entre privatistes, publicistes ou politistes ! Juristes de tous pays, unissez-vous ! La pensée du théoricien Hans KELSEN trouve ici toute sa place. Si l’on pense en effet que les normes sont hiérarchisées en fonction d’une norme suprême (de valeur constitutionnelle par exemple) dont toutes les autres normes découlent, alors toute branche du droit devient un démembrement du droit constitutionnel, droit de la norme suprême. L’étude des libertés fondamentales prend alors une valeur particulière puisque la plupart d’entre elles sont de valeur constitutionnelle.
Ainsi suis-je convaincu qu’il est impossible de véritablement comprendre le droit administratif si l’on ne connaît pas bien et ne manie pas assez le droit privé. Comment en effet oser traiter du droit administratif des biens si l’on ne connaît pas … le droit CIVIL des biens ! ? De la même manière comment prétendre comprendre le droit d’une activité commerciale telle que les télécommunications si l’on oublie qu’il s’agit d’un service public soumis à des règles publicistes ?
Il existe en outre une unité d’enseignement du droit : pour l’expliquer je m’en remets une nouvelle fois aux bons soins du Doyen FOUCART :
« L’étude du droit à sa base et son point de départ dans la philosophie et dans l’histoire ; (...) il faut connaître la vie d’une société et toutes les influences auxquelles elle a été soumise, pour bien comprendre la Loi qui n’est que le résumé des faits moraux et historiques. La Loi étant comprise, il faut en déduire logiquement toutes les conséquences, puis enfin il faut passer de la théorie à la pratique, réaliser le droit, soit dans la rédaction des actes qui constatent les obligations, et qui en assurent l’exécution, soit dans la discussion orale et le jugement des difficultés qui naissent de l’application de la Loi ;
ainsi, Philosophie et Histoire (1), Exégèse (2), Pratique (3), telles sont les trois parties de la science du droit, tels doivent être les trois objets de l’enseignement ».
C’est pourquoi je me suis attaché, sur ce site, comme dans mes travaux dirigés et ceux de recherche, à toujours garder en mémoire ces TROIS composantes du Droit sans en omettre une :
Genèse (C’est l’objet de la section consacrée à l’Histoire du droit mais également celui de la présentation de quelques célèbres publicistes. Il en est de même concernant la collection d’ouvrages récemment créée en ce sens),
Exégèse (C’est la partie de droits (public & administratif) positifs développés dans la présente section) mais aussi
Pratique (avec l’application méthodologique expliquée dans la section dite des TD d’MTD).
Enfin, c’est parce que la question de l’Unité du droit m’est chère que j’ai fondé un Collectif qui lui est dédié. Vous pourrez en savoir davantage sur cette association naissante en cliquant sur le(s) lien(s) suivant : Le Colectif l’Unité Du Droit (CLUD) : http://www.unitedudroit.org .

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